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TVA en hausse : jusqu'à 0,76 point d'inflation en plus selon la FGTB

En bref

  • Une hausse d'1 point de TVA ferait grimper l'inflation d'août 2026 de 3,97 % à 4,73 %, selon les calculs de la FGTB.
  • Les prix augmentent tout de suite, mais les salaires et allocations ne sont indexés que plus tard : les ménages subissent une perte de pouvoir d'achat entre-temps.
  • La FGTB juge cette piste socialement injuste : elle fait payer tous les consommateurs sans tenir compte de leurs revenus.
  • Cette hausse rapporterait environ 1,9 milliard d'euros par an à l'État, selon le Conseil supérieur des finances.

Le gouvernement envisage d'augmenter tous les taux de TVA d'un point de pourcentage dans le budget 2026. La FGTB a calculé ce que cela changerait pour les prix et dénonce une mesure injuste.

De quoi s'agit-il ?

À l'approche de la confection du budget d'octobre 2026 (le moment où le gouvernement décide de ses recettes et dépenses), une des pistes évoquées est d'augmenter tous les taux de TVA d'un point de pourcentage. La TVA (taxe sur la valeur ajoutée) est l'impôt que l'on paie automatiquement sur presque tous les achats.

En Belgique, il existe aujourd'hui trois taux : deux taux réduits, de 6 % et 12 %, et un taux plein de 21 %. Les taux réduits s'appliquent par exemple à l'alimentation, aux restaurants, à l'eau, aux médicaments, aux journaux et livres, au transport de personnes, aux hôtels, aux travaux dans les logements d'au moins 15 ans, ou encore à la réparation de vêtements. Environ un tiers des produits et services suivis pour calculer l'inflation bénéficient d'un taux réduit, ce qui représente près de la moitié du poids total dans le calcul.

Ce qui est proposé ou ce qui change

La proposition consiste à augmenter chacun de ces taux (6 %, 12 % et 21 %) d'un point de pourcentage. La FGTB a simulé l'effet de cette hausse sur l'inflation d'août 2026, en l'appliquant à l'ensemble du panier de produits et services utilisé pour calculer l'indice des prix, sauf ceux taxés à 0 % (comme certains médicaments), qui ne peuvent pas changer à cause d'une règle européenne.

Résultat de la simulation : l'inflation d'août 2026, qui était réellement de 3,97 %, serait montée à 4,73 % avec cette hausse de TVA. Cela représente un impact de 0,76 point de pourcentage à la hausse sur l'inflation.

Sur le plan budgétaire, selon le Conseil supérieur des finances (un organe qui conseille l'État sur ses finances), une hausse d'un point de tous les taux de TVA rapporterait environ 1,9 milliard d'euros par an à l'État, soit 0,42 % du produit intérieur brut (PIB, la richesse produite par le pays en un an). À titre de comparaison, instaurer un taux réduit unique de 8 % rapporterait environ 0,9 milliard d'euros par an, et un taux unique de 9 % environ 1,5 milliard d'euros par an.

La position de la FGTB

La FGTB considère qu'une hausse de la TVA oblige les consommateurs à payer plus cher pour les mêmes produits et services, sans tenir compte de leur capacité à payer. Elle juge cette mesure socialement injuste, pour trois raisons : les prix augmentent immédiatement, alors que les salaires et les allocations ne sont indexés que plus tard ; les ménages doivent donc supporter seuls cette perte de pouvoir d'achat entre-temps ; et l'État récolte ainsi des recettes supplémentaires auprès des consommateurs, plutôt que de faire contribuer plus équitablement les épaules les plus larges et les gros patrimoines.

La FGTB rappelle aussi qu'une hausse de TVA est généralement considérée comme régressive : les ménages à faibles revenus consacrent une part plus importante de leur budget à la consommation que les ménages à revenus élevés. Ils subissent donc proportionnellement plus la hausse des prix.

Ce que ça change concrètement pour vous

Si cette hausse de TVA est appliquée, les prix des produits et services augmenteraient immédiatement. Les travailleurs, fonctionnaires et allocataires sociaux qui ne bénéficient pas d'une indexation rapide de leurs revenus seraient particulièrement touchés dans leur pouvoir d'achat : ils paieraient tout de suite la hausse de la TVA, alors que leurs salaires ou allocations ne seraient indexés que plus tard.

Une hausse de TVA peut pousser certains consommateurs à faire leurs achats à l'étranger, ce qui serait défavorable à l'économie belge.

Sources

  1. 1Analyse service d'étude de la FGTB

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