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Précompte professionnel : quelques euros en plus sur la fiche de paie, mais pas pour tout le monde
En bref
- Dès les salaires payés à partir du 01/11/2026, un nouvel arrêté royal modifie le précompte professionnel.
- Un isolé ou un couple à deux revenus gagne 8,47 euros nets par mois et par salarié.
- Un couple avec un seul revenu peut gagner jusqu'à 16,94 euros, mais perdre jusqu'à 27,86 euros si le salaire est élevé.
- Les familles de trois enfants ou plus peuvent voir leur net reculer.
- Les pensionné·es et les prépensionné·es ne sont pas concernés cette année.
À partir du 1er novembre 2026, le calcul de l'impôt retenu sur les salaires change. La plupart des travailleurs et travailleuses gagneront quelques euros par mois, mais certains ménages verront leur net diminuer.

Un nouvel arrêté royal, publié au Moniteur belge le 2 octobre 2026, modifie le calcul du précompte professionnel, c'est-à-dire l'impôt prélevé chaque mois directement sur le salaire. La mesure s'applique aux salaires payés à partir du 01/11/2026. Aucune démarche n'est nécessaire : c'est l'employeur ou le secrétariat social qui applique le nouveau calcul.
Un gain réel, mais modeste, pour la majorité
Pour un travailleur isolé, ou pour un couple où les deux partenaires travaillent, le gain est de 8,47 euros nets par mois et par salarié, quel que soit son salaire brut. Dans un ménage à deux revenus, cela représente donc 16,94 euros par mois au total. C'est un gain réel, mais il reste loin de compenser la hausse du coût de la vie que subissent les travailleurs depuis plusieurs années.
Pour les couples mariés ou cohabitants légaux dont un seul partenaire perçoit un revenu, la situation est plus complexe. Le gain peut atteindre 16,94 euros par mois pour les salaires jusqu'à environ 4 350 euros brut, mais il diminue ensuite et jusqu'à −27,86 € pour les salaires les plus élevés, au-delà d'environ 6 800 euros brut. En cause : le "quotient conjugal", un mécanisme qui attribue une partie du salaire au partenaire sans revenus pour le taxer à un taux plus bas. Le plafond de ce montant attribuable passe de 13 790 à 11 780 euros par an, ce qui réduit l'avantage fiscal pour les ménages concernés.
Qui perd, qui est oublié ?
La réforme touche aussi la réduction pour enfants à charge, avec un effet qui s'inverse selon la taille de la famille. Le gain augmente pour un enfant, mais diminue à partir de deux : un parent isolé avec quatre enfants verra son net baisser de 1,53 euro par mois. En couple, l'effet est similaire : l'avantage devient négatif dès trois enfants.
Cela pose une vraie question de justice fiscale. Une réforme présentée comme un gain de pouvoir d'achat pour "la plupart" des salariés produit, de fait, des perdants bien identifiables : les ménages à revenu unique avec un bon salaire, et les familles nombreuses. Ce ne sont pas des cas marginaux : ce sont souvent des familles qui ont fait le choix, ou qui subissent la contrainte, d'un seul revenu au sein du ménage.
Autre point que nous relevons : les pensionné·es et les bénéficiaires d'un régime de chômage avec complément d'entreprise (RCC, l'ancienne prépension) ne sont pas concernés cette année. Selon l'arrêté royal, il était trop tard pour adapter ces règles en 2026. Ces personnes, souvent parmi les plus fragilisées par l'inflation, restent donc à l'écart d'un ajustement censé compenser la réforme de l'impôt des personnes physiques.
Une mécanique peu lisible, qui mérite la transparence
Le mode de calcul repose sur des seuils de salaire brut, des plafonds de quotient conjugal et des barèmes par enfant qui se combinent de façon peu intuitive. Un gain de quelques euros peut se transformer en perte selon le niveau de salaire ou la composition familiale, sans que le lien de cause à effet soit évident pour la personne concernée en lisant sa fiche de paie.
Pour nous, une réforme fiscale qui crée des perdants, même minoritaires, doit être annoncée clairement comme telle, et pas seulement présentée sous l'angle du gain moyen. Les travailleurs et travailleuses ont le droit de savoir, avant le mois de novembre, dans quelle catégorie ils se situent, et pourquoi. Nous demandons que l'administration et les employeurs informent précisément les personnes concernées, en particulier celles dont le net va baisser.
Ce que ça change pour vous
Vérifiez votre fiche de paie de novembre : la différence, en plus ou en moins, doit y apparaître automatiquement.
Si vous êtes marié ou cohabitant légal avec un partenaire sans revenus et un salaire supérieur à environ 5 000 euros brut, vous pourriez perdre quelques euros par mois.
Si vous avez trois enfants ou plus à charge, vérifiez aussi l'effet sur votre net.
Vérifiez que votre situation familiale (état civil, enfants à charge, revenus du partenaire) est bien à jour auprès de votre employeur, car c'est elle qui détermine le calcul.
En cas de doute sur votre fiche de paie, n'hésitez pas à vous adresser à votre délégué ou à la Centrale Générale FGTB Namur-Luxembourg.