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Jindal Films à Latour : 28 emplois supprimés, transparence absente

En bref

  • 28 emplois supprimés : 11 contrats et 17 intérimaires ne seront pas reconduits
  • Une chaîne de production fermée, l'activité transférée vers l'usine italienne du groupe
  • Le groupe demande une hausse de production (de 2000 à 3000 tonnes) sans investir dans l'outil, avec un possible passage à un rythme 7 jours sur 7
  • Un outil vieillissant : quatre des six machines ont plus de 40 ans
  • Les syndicats dénoncent un manque de transparence et de visibilité à long terme, et pointent une rentabilité déjà de 7 à 8 %, alors que le groupe exige 10 à 15 %

L'usine Jindal Films de Latour, à Virton, est à l'arrêt après l'annonce de 28 pertes d'emploi. Les syndicats dénoncent un manque criant de transparence et s'inquiètent pour l'avenir du site.

Lundi, un conseil d'entreprise extraordinaire s'est tenu chez Jindal Films, dans le zoning de Latour, sur la commune de Virton. À l'issue de cette réunion, la direction a annoncé la suppression de 28 emplois : 11 travailleurs sous contrat et 17 intérimaires. L'après-midi, le personnel a quitté le site après une assemblée générale, laissant l'usine à l'arrêt.

La mesure concerne la fermeture d'une chaîne de production bien précise, dont l'activité sera transférée vers l'usine italienne du groupe. C'est la première restructuration depuis le rachat de l'entreprise, spécialisée dans la production de films plastiques, par le groupe indien Jindal.

Produire plus, sans investir

Dans le même temps, la direction a demandé à l'entreprise de dégager davantage de bénéfices. "Le groupe souhaite que la production ici passe de 2000 à 3000 tonnes sans investissement dans l'outil", explique Christelle Palermo, permanente à la Centrale Générale FGTB Namur-Luxembourg. Comment y arriver reste flou : l'une des pistes évoquées serait de repasser à un rythme de production de sept jours sur sept.

Pour les représentants du personnel, cette exigence est incompatible avec l'état du matériel. Selon Rudy Gillet, délégué CSC, quatre des six machines de l'usine ont plus de 40 ans, et le budget d'entretien ne cesse d'être réduit. Il juge ce rythme de travail difficile à tenir pour un personnel vieillissant, et doute que l'outil puisse suivre.

Selon L'Avenir, l'entreprise dégage actuellement une rentabilité de 7 à 8 %, alors que le groupe exigerait 10 à 15 %. Michel Duby, permanent CNE Namur-Luxembourg, estime que cette exigence est "en dehors de toute considération logique du marché".

Un manque de transparence dénoncé

Les organisations syndicales sont unanimes : les informations communiquées restent insuffisantes. Christelle Palermo parle d'informations "assez faibles" et pointe un phénomène plus large dans l'industrie, la mise en concurrence des coûts salariaux entre sites d'un même groupe, sans tenir compte de la productivité réelle des travailleurs.

Le personnel s'inquiète aussi d'une concurrence interne avec le site italien de Brindisi, qui bénéficierait de subsides plus importants. Or le site de Latour aurait lui-même déjà perçu un million d'euros de subsides publics, sans que cela se traduise par des investissements. Pour Michel Duby, ce décalage entre argent public perçu et emplois supprimés pose une vraie question de responsabilité des entreprises qui bénéficient d'aides.

Certains travailleurs craignent que la direction cherche à rester sous le seuil des 10 % de licenciements qui déclencherait l'application de la loi Renault, une procédure plus contraignante en cas de restructuration collective. Les syndicats rappellent aussi l'historique du groupe Jindal, qui aurait fermé 9 de ses 11 usines à travers le monde.

Ce que ça change pour vous

Pour les travailleurs et travailleuses concernés, c'est d'abord la perte directe d'un emploi ou d'une mission d'intérim, souvent sans visibilité sur la suite. Pour ceux qui restent, c'est la perspective d'un rythme de travail plus lourd, sur un outil vieillissant, sans garantie d'investissement.

Pour nous, à la Centrale Générale FGTB Namur-Luxembourg, cette situation illustre un schéma que l'on retrouve trop souvent dans l'industrie : une entreprise qui reste bénéficiaire, qui touche des subsides publics, mais qui réduit ses effectifs et maintient la pression sur les coûts salariaux plutôt que d'investir dans l'outil de travail. Nous demandons de la transparence réelle sur les intentions du groupe à moyen terme, des garanties concrètes sur l'avenir du site et de l'emploi, et un contrôle sérieux de l'usage des aides publiques déjà accordées.

Les travailleurs et travailleuses de Jindal Films, comme toute personne confrontée à une restructuration ou à des conditions de travail dégradées, peuvent se tourner vers leur délégation syndicale ou vers la Centrale Générale FGTB Namur-Luxembourg pour être informés et accompagnés.

Sources

  1. 1RTBF Luxembourg (nouvel onglet)https://www.rtbf.be/article/latour-virton-l-usine-jindal-a-l-arret-suite-a-l-annonce-de-28-licenciements-11795315
  2. 2L'Avenir Luxembourg (nouvel onglet)https://www.lavenir.net/regions/luxembourg/2026/10/05/les-nouvelles-ne-sont-pas-bonnes-28-emplois-vont-disparaitre-chez-jindal-films-a-latour-virton-5DP2XDG4DFC47I7PQARQQWSBHY/
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