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Factures d'énergie : l'hiver s'annonce très cher.

En bref

  • Le gaz est passé d'environ 35 à 93 euros le mégawattheure en un an, soit jusqu'à 1.000 euros de plus par an pour un ménage qui se chauffe au gaz.
  • L'électricité pourrait coûter 400 euros de plus par an, le mazout de 1.500 à 2.000 euros, et le diesel jusqu'à 1.000 euros de plus pour un conducteur moyen.
  • Plus d'un ménage belge sur dix est déjà en situation de vulnérabilité énergétique ; pour les plus bas revenus, l'énergie peut peser jusqu'à 30 % du budget.
  • Les personnes isolées, les familles monoparentales et les locataires sont les plus touchés, selon la CREG.
  • Le ministre de l'Énergie Mathieu Bihet (MR) annonce une majoration temporaire des allocations mazout, mais les modalités restent floues et reposeraient à nouveau sur les CPAS.

Gaz, électricité, mazout, diesel : tous les postes énergétiques flambent et menacent de plomber le budget des ménages cet hiver. Pour la Centrale Générale FGTB, cette situation confirme l'urgence de mesures structurelles de protection du pouvoir d'achat.

La facture d'énergie s'annonce particulièrement salée cet hiver pour les ménages belges. Selon Damien Ernst, professeur à l'Université de Liège et spécialiste des questions énergétiques, « on n'a absolument pas réalisé l'ampleur catastrophique de la crise dans laquelle on rentre ». Un constat partagé par Testaachats, qui invite déjà les consommateurs à revoir leurs acomptes à la hausse pour éviter une facture de régularisation douloureuse.

Des hausses sur tous les postes

Le prix du gaz est passé d'environ 35 euros le mégawattheure l'hiver dernier à 93 euros aujourd'hui. Concrètement, cela représente une augmentation de la facture annuelle d'environ 1.000 euros pour un ménage qui se chauffe au gaz. L'électricité, dont le prix suit celui du gaz, pourrait grimper de 400 euros par an. Pour ceux qui se chauffent au mazout, la hausse attendue est de 1.500 à 2.000 euros par an, et le diesel pourrait coûter jusqu'à 1.000 euros de plus par an pour un automobiliste roulant 20.000 kilomètres.

Plusieurs facteurs structurels expliquent cette envolée : la fin programmée des importations de gaz russe en janvier 2027, des difficultés d'approvisionnement en gaz liquéfié depuis le Qatar, et un contexte géopolitique tendu qui fragilise les approvisionnements en diesel. Pour le professeur Ernst, le gaz est désormais « dix fois plus cher » en Europe qu'aux États-Unis, une situation qu'il qualifie de « sentence de mort » pour le tissu industriel européen.

Des ménages déjà fragilisés

Sur le terrain, le constat est déjà là : plus d'un ménage belge sur dix se trouve en situation de vulnérabilité énergétique. Plusieurs personnes interrogées par RTL estiment que l'énergie représente déjà 15 à 20 % de leurs dépenses mensuelles. Pour les ménages aux revenus les plus faibles, cette part peut grimper jusqu'à 30 %. Selon une étude de la CREG, le régulateur fédéral de l'électricité et du gaz, les personnes isolées, les familles monoparentales et les locataires sont les plus exposés, notamment parce qu'ils ne peuvent pas améliorer la performance énergétique de leur logement.

Face à cette pression, beaucoup de ménages réduisent déjà leur chauffage, limitent l'éclairage ou décalent l'usage des appareils électroménagers. Des gestes individuels utiles, mais qui ne suffisent pas face à une hausse structurelle des prix de l'énergie.

Ce que nous en disons

Pour la Centrale Générale FGTB Namur-Luxembourg, cette situation illustre une fois de plus l'urgence d'un encadrement réel des prix de l'énergie. Laisser les tarifs du gaz, de l'électricité et du mazout fluctuer au gré des marchés internationaux revient à faire porter tout le poids de l'instabilité géopolitique sur le budget des travailleurs et des travailleuses, et en particulier sur les plus précaires.

L'annonce d'une majoration temporaire des allocations mazout va dans le bon sens, mais elle reste insuffisante et incertaine : les modalités ne sont pas encore connues, et le dispositif reposera à nouveau sur les CPAS, déjà sous pression. Les locataires, qui ne peuvent pas décider de rénover leur logement, et les personnes isolées ou monoparentales, risquent une fois encore d'être les plus exposés sans solution durable.

C'est tout le sens de notre campagne vie chère : nous demandons des mesures structurelles de protection du pouvoir d'achat, pas seulement des aides ponctuelles et temporaires qui arrivent après la hausse. Il faut un encadrement des prix de l'énergie, un soutien renforcé et pérenne pour les ménages précarisés, et une vraie politique de rénovation énergétique des logements, en particulier locatifs.

Ce que ça change pour vous

  • Si vous avez un contrat variable, comparez les offres des fournisseurs sans tarder.

  • Pensez à augmenter votre acompte mensuel pour éviter une régularisation trop lourde en fin d'année.

  • Si vous êtes en difficulté pour payer vos factures d'énergie, renseignez-vous auprès de votre CPAS sur les aides existantes.

  • Pour en savoir plus sur notre campagne vie chère et nos revendications, contactez votre délégué ou la Centrale Générale FGTB Namur-Luxembourg.

Sources

  1. 1RTL (nouvel onglet)https://www.rtl.be/actu/belgique/economie/le-prix-de-lenergie-ne-cesse-daugmenter-et-plombe-le-budget-des-menages-ca-doit/2026-10-25/article/804517
  2. 2RTL (nouvel onglet)https://www.rtl.be/actu/belgique/economie/sentence-de-mort-une-catastrophe-se-chauffer-cet-hiver-devrait-couter-jusqua/2026-10-25/article/804502
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